Diasporamag

MAGAZINE
  AGENDA     ASSOCIATIONS     ENSEIGNEMENT     BONNES ADRESSES     PARTENAIRES     LE SITE  
Livres à la une
Communiqués
Portraits
L'oeil de Jilda
Gros Plan
Ohan Dourian - Paradoxe arménien
Le joli rêve de Shaké Mouradian sur MMC Books
Hamaskaïne invite Serge Avédikian
Viviane Tahan Etjémésian
Armen Agop - Sculpteur
Le Trio Ververi chez vous
André Manoukian et l'âme arménienne.
Archéologie - Chaussure, jupe et chèvre...
La plus petite boutique de demi-gros au monde
Mayor - Un artiste atypique ....
Haybook, votre bibliothèque... par Jilda Hacikoglu
Ni pour, ni contre, Chronique anglo-saxonne
Shaké Mouradian
Florent Kolandjian
Cédric Apikian
Mathieu Zeitindjioglou
CLEAN ART PLANET
Sous l’eau, rien n’est plus transparent.
Sorgues - Le Pont des Arméniens
Livres
Cds à la une
Vidéos-Diasporamag
Généralités:
Page d'accueil
Contacts
Passer une annonce
Liens
Mentions légales

Haybook, votre bibliothèque en un clic

- Haybook, votre bibliothèque en un clic par Jilda Hacikoglu -
http://haybook.wordpress.com
Ce site internet novateur propose un contenu très riche et simple d’accès, comprenant des ouvrages en arménien (occidental ou oriental) ou concernant la culture arménienne. Créé cet été pour rendre plus accessible des livres arméniens ou relatifs à la culture arménienne, il peut faciliter le travail d’enseignants, de chercheurs, mais aussi satisfaire tout lecteur curieux du sujet arménien.




En complément de l’article à paraître dans le numéro d’octobre de France-Arménie, le créateur de Haybook, Mikaël Nichanian, Conservateur d’Etat à la Bibliothèque Nationale de France responsable de la collection arménienne et docteur en histoire médiévale, réponds à nos questions pour évoquer les perspectives et tout le potentiel de ce projet.

France-Arménie : Comment avez-vous eu l’idée de créer ce site ?

Mikaël Nichanian : L’idée du site m’est venue un peu par hasard, je dois l’avouer. A l’origine, je souhaitais numériser des œuvres anciennes un peu rares en arménien et dont la pérennité sous format papier ne me paraissait pas assurée.

J’ai eu alors l’idée de créer un site internet pour présenter ces œuvres au public arménien et susciter un intérêt qui aurait peut-être débouché sur un soutien financier des grandes institutions culturelles de diaspora. Mais en créant le site, j’ai trouvé dommage de ne pas mentionner toutes les autres ressources déjà disponibles dans le monde, de Moscou à Paris, en passant par Erevan et les grandes universités américaines.

C’est ainsi que, de fil en aiguille, les objectifs de HayBook se sont élargis au point d’avoir l’ambition aujourd’hui d’être le moteur des moteurs des bibliothèques numériques arméniennes. Mais mon objectif initial qui consiste à numériser des œuvres littéraires en arménien occidental est toujours bien présent.

FA : A priori, ce genre de site "centralisateur" de données disponibles en ligne sur internet n’existait pas avant, est-ce bien le cas ?

MN : En effet, il n’existe pas d’autre site conçu sur le modèle de HayBook (http://haybook.wordpress.com), c’est-à-dire qui rassemble toutes les ressources électroniques concernant la littérature et l’histoire arménienne disponibles gratuitement sur Internet.

Quand j’ai commencé à faire mes recherches au début de l’été, je me suis rendu compte de la richesse de la documentation désormais disponible sur le net, et j’ai trouvé dommage que les Arméniens dans le monde n’en soient pas informés et n’utilisent pas ces ressources, pour la plupart peu connues même des spécialistes.

Devant la richesse de cette documentation, j’ai dû faire des choix et me contenter de sélectionner uniquement pour HayBook les œuvres les plus "grand public" ou les plus intéressantes à mon goût. Mais beaucoup d’autres œuvres sont disponibles dans les bibliothèques numériques présentées dans la rubrique "Internet links" (liens internet).

FA : Vous focalisez-vous sur les documents les plus rares, ou bien au contraire tout type d’écrit arménien tombé dans le domaine public a vocation à y être rendu accessible ?

MN : Il faut dire un mot évidemment du contenu des livres disponibles sur internet. Il s’agit de livres "libres de droit", c’est-à-dire d’ouvrages qui sont "tombés dans le domaine public" parce que leur auteur est mort depuis plus de 70 ans, donc avant 1940.

Il n’y a donc pas a priori d’ouvrages contemporains, sauf si leurs auteurs ont accepté de mettre leurs œuvres à disposition du public sur internet, ce qui est le cas pour certaines œuvres d’Arménie (voir notamment la rubrique poésie). Il s’agit donc surtout des "classiques" de la littérature arménienne occidentale ou orientale, mais aussi d’ouvrages historiques anciens sur l’Arménie.

FA : Y avait-il une demande particulière en ce sens ?

MN : A ma connaissance, il n’y avait pas jusqu’ici de demandes particulières, car la grande majorité de la diaspora arménienne est peu familiarisée avec les problématiques de numérisation des collections imprimées, et les enseignants des écoles arméniennes sont encore peu au fait de l’étendue des ressources pédagogiques disponibles sur internet. Ce n’est d’ailleurs pas la faute des Arméniens en particulier, car on pourrait en dire autant de la majorité des enseignants français.

Avec la numérisation, on peut parler en fait de nouvelles pratiques de lecture et de travail qui vont à l’encontre de plusieurs centaines d’années d’usage du livre imprimé. Dans ce cas, c’est donc l’offre qui crée la demande.

Ainsi, depuis la création de Haybook, j’ai reçu de très nombreux témoignages de surprise et de joie devant la richesse des ressources déjà disponibles en arménien, mais aussi en français et en anglais, sur la culture arménienne. Beaucoup expriment aussi l’espoir que ces nouveautés technologiques seront l’instrument d’un renouveau de l’arménien occidental en diaspora.

FA : Le site fonctionne-t-il en partenariat avec d’autres bibliothèques "réelles" ou numériques dans le monde (Matenadaran...) ? Par exemple qu’est-ce que le Global Armenian Library Network (avec lequel Haybook semble fonctionner) ?

MN : En fait, c’est un peu curieux, mais contrairement aux apparences, la diaspora ne fonctionne pas en réseau. Internet serait précisément l’occasion d’initier des réseaux de coopération, mais la réalité, c’est que chaque communauté vit repliée sur elle-même sans aucune connaissance de ce qui peut se passer ailleurs.

C’est vrai aussi pour les projets de numérisation qui sont nés sous des formes différentes, mais de manière à peu près simultanée à la fois à Moscou, à Paris, à Erevan et dans les grandes universités américaines. La plupart des projets de numérisation sont l’œuvre d’Arméniens de diaspora, notamment EANC (Eastern Armenian National Corpus, basé à Moscou) et Gallica (le site de la bibliothèque nationale de France). En Arménie, un premier projet intéressant a vu le jour, mais qui n’est pas très "grand public" puisqu’il concerne les imprimés arméniens des 17e-18e siècle en arménien classique. Il faut aussi évoquer deux grands projets de numérisation d’ouvrages arméniens nés en dehors de tout contexte arménien : celui de GoogleBooks, le leader mondial, qui numérise à tour de bras toutes les bibliothèques du monde, et celui du fonds Goussen, conservé à la bibliothèque de l’université de Bonn.

Tous ces projets sont nés et ont été réalisés sans aucune concertation entre eux. Curieusement, ils se révèlent finalement complémentaires, puisque le projet d’EANC concerne l’arménien oriental, celui de Gallica plutôt l’arménien occidental et ceux d’Arménie et de Bonn portent sur les imprimés anciens en arménien classique. Quant à GoogleBooks, il a numérisé beaucoup de grammaires et de dictionnaires conservés dans les universités américaines.

Donc, dans l’ensemble, il n’y a pas encore de double ou de répétition dans ces projets parallèles de numérisation. Mais une concertation s’avère désormais nécessaire pour éviter ce genre de désagréments à l’avenir. C’est d’ailleurs dans ce but qu’est né l’année dernière le réseau appelé "Global Armenian Library Network" (gradaran.org) qui a réuni pour la première fois en aout 2009 à Etchmiadzine tous les responsables des grands fonds arméniens en Arménie et en diaspora. Malheureusement, au delà de cette première rencontre, il faut bien avouer que ce réseau n’a encore produit aucun projet de coopération internationale.

FA : Depuis la création du site mi-juillet, il y a déjà eu beaucoup de suggestions pour améliorer son contenu, le site semble particulièrement bien reçu (ce qui est bien compréhensible) : quelles sont les prochaines évolutions que vous envisagez de faire suite à ces propositions ?

MN : Le site est effectivement très bien perçu et a reçu beaucoup de visites de curiosité. En deux mois, HayBook a ainsi eu plus de 6 000 visiteurs. Dans le même temps, il ne faut pas surestimer l’importance de ce chiffre. La plupart des gens qui ont consulté et apprécié HayBook n’ont pas forcément un usage intensif d’internet et n’ont pas non plus l’habitude de lire sur leur ordinateur, mais ils sont quand même heureux de voir que de nouveaux outils sont disponibles pour la jeunesse arménienne.

De fait, le cœur de cible de HayBook, ce sont les communautés arméniennes de diaspora qui n’ont pas forcément accès à des bibliothèques arméniennes à proximité. Ce sont aussi les internautes arméniens qui ont pris l’habitude de travailler sur internet et de lire toute sorte de textes sur leurs portables connectés au wifi en permanence, mais ceux-là sont encore peu nombreux. Enfin, ce sont aussi bien sûr les acteurs clés de la vie culturelle arménienne en diaspora, les prêtres et les enseignants des écoles arméniennes, qui trouveront dans HayBook de nombreux outils pour enrichir leur enseignement pastoral ou linguistique.

Les projets d’avenir passent d’abord par l’extension du site actuel pour qu’il continue à se tenir à jour des nouveautés quasi quotidiennes dans le domaine de la numérisation arménienne aux quatre coins du monde. Ensuite, je souhaiterais compléter le projet en poursuivant la numérisation des œuvres en arménien occidental qui datent de l’époque ottomane, car ces œuvres sont aujourd’hui très mal conservées dans les bibliothèques internationales et même en Arménie et le risque est réel qu’un certain nombre de ces œuvres en arménien occidental disparaisse pour toujours en raison des problèmes de conservation que rencontrent toutes les bibliothèques arméniennes.

La numérisation est donc une solution d’avenir à la fois pour conserver ces œuvres, qui font partie de notre héritage culturel, et pour stimuler l’apprentissage de l’arménien occidental en diaspora qui est évidemment de plus en plus menacé à la fois par l’assimilation rapide des populations arméniennes en diaspora et par la domination hégémonique de l’arménien oriental, même en diaspora.

Le projet de bibliothèque numérique arménienne est précisément un de ces outils qui permettra peut-être de contenir ce recul de l’arménien occidental qui tient en partie à l’absence de livres et à la difficulté réelle de s’approvisionner en publications arméniennes, et notamment en arménien occidental. Avec Internet, même les communautés les plus reculées du Texas ou d’Australie ont désormais accès à une grande quantité d’ouvrages divertissants ou instructifs en arménien occidental.

Propos recueillis par Jilda Hacikoglu

Fonctionnalités de HayBook HayBook (http://haybook.wordpress.com/) est un nouveau site internet consacré aux livres électroniques en arménien ou concernant la culture arménienne.

Il suffit de cliquer sur n’importe lequel des liens proposés dans HayBook pour lire un livre "en ligne" en arménien ou en français. Il est toujours possible évidemment d’imprimer ces livres pour les lire plus classiquement sous format "papier".

La présentation est en arménien et en anglais, mais HayBook contient de très nombreuses références à des ouvrages en français. Les ouvrages proposés sur le site ont été numérisés par de grands programmes de numérisation, comme celui de GoogleBooks, de Gallica (Bibliothèque nationale de France), ou d’autres projets nés en diaspora ou en Arménie.

Pour la première fois, Haybook réunit l’ensemble des ressources électroniques disponibles en arménien, en français et en anglais sur la littérature et l’histoire arménienne et propose gratuitement des centaines de références à des livres électroniques arméniens.

Un outil important pour les écoles arméniennes, mais aussi de nombreuses lectures propres à satisfaire la curiosité historique ou les amoureux de littérature. Pour toute suggestion, écrire à : armenian.book@gmail.com

DONS
Si vous souhaitez aider au développement de ce nouveau site culturel et contribuer à la numérisation d’ouvrages arméniens (même de votre choix), vous pouvez adresser des dons

par l’intermédiaire de PayPal, en vous connectant sur https://www.paypal.com/ et en envoyant un don à l’adresse armenian.book@gmail.com (mode de paiement sécurisé avec votre carte bancaire).
par chèque à l’ordre de HayBook envoyé à cette adresse : Mikaël Nichanian, 44 rue de Tolbiac, 75013 Paris.

Jilda Hacikoglu - le 17 septembre 2010 - Pour France-Arménie
Source lien http://france-armenie.net/spip.php?article1532