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Mon âme en exil de Zabel Essayan

- Mon âme en exil de Zabel Essayan - Traduit de l’arménien par Anahide Drézian et Alice Der Vartanian - Postface de Krikor Beledian - «  Dans les replis de ma mémoire s’ouvrent des portes closes et des moments enfouis se raniment. Une parole, un geste oublié, un regard de mon père et des détails de la vie quotidienne, disparus et oubliés depuis longtemps, reprennent vie et me transmettent la joie ou la tristesse qu’ils portent en eux, plus qu’ils ne visitent ma mémoire. »



Dans ce texte devenu mythique, Zabel Essayan, éprise de liberté, esprit rebelle, s’exprime à travers le personnage d’un peintre, pour évoquer les questionnements de l’artiste déchiré entre sa passion pour la création et son rôle dans une société anéantie. Comment créer librement quand on est coupé de ses racines? L’écriture de ce récit poétique a commencé à Bakou en 1917, où son engagement pour la cause des orphelins l’avait menée, et de là, à Téhéran, Bagdad, Paris, Beyrouth... En perpétuel déchirement d’un pays à l’autre, en situation d’urgence, l’écrivain en exil, une des rares femmes sur la liste de la rafle du 24-Avril 1915, est toujours rattrapée par le destin des siens. Elle évoque avec délicatesse, dans ce texte autobiographique, « un paradis perdu », une société disparue, le charme envoûtant des paysages stambouliotes, les problèmes existentiels de l’artiste, dans l’atmosphère de la « maison paternelle de Baglarbache quasi déserte… ».

Zabel Essayan [1878-1943] est la femme de lettres la plus marquante de la littérature arménienne. Après ses études et la publication de ses premiers poèmes, elle s’installe à Paris où elle fréquente les milieux littéraires. Revenue à Istanbul, une mission sur les massacres d’Adana (avril 1909) lui inspire un chef-d’œuvre, Dans les ruines (1911). En avril 1915 elle réussit à gagner la Bulgarie, dénonçant par la parole et par l’écrit l’extermination des Arméniens. Émigrée en Arménie soviétique elle publie en 1935 un récit autobiographique : Les Jardins de Silihdar. Victime des purges staliniennes, elle est arrêtée en 1937 et disparaît.

Zabel Essayan [1878-1943]

Femme de lettres, Zabel Hovhanessian est née en 1878 à Scutari (Uskudar); elle y fait ses études au collège arménien Sainte-Croix. Précoce et douée, elle fréquente un salon littéraire arménien et publie quelques poèmes. En 1895, au moment des massacres hamidiens, elle part à Paris, s’inscrit à la Sorbonne et quelques années après épouse le peintre Tigrane Essayan. Le couple, qui aura deux enfants, fréquente Archag Tchobanian, le poète René Ghil, le cercle du Mercure de France, puis le «groupe de l’Abbaye».



Les années parisiennes sont des années de formation, de maturation intellectuelle et artistique et d’émancipation personnelle. Zabel Essayan se fait connaître en publiant des articles et des nouvelles dans la presse arménienne de Constantinople et de Smyrne.
Elle rentre à Constantinople l’été 1908 après la Révolution jeune-turque et participe activement au renouveau de la vie culturelle et politique, à la libération de la femme et adhère à la Fédération révolutionnaire arménienne. Une mission d’investigation sur le massacre des Arméniens d’Adana (avril 1909) lui inspire un chef-d’œuvre, Dans les ruines [Avéraknérou métch, Constantinople, 1911]. Alors que son mari est à Paris, la
guerre la surprend à Constantinople et en 1915, échappant à la rafle du 24-Avril, elle réussit à gagner la Bulgarie, d’où elle passera au Caucase, dénonçant par la parole et par l’écrit l’extermination des Arméniens et assistera à la naissance de l’Arménie indépendante.

De retour en Europe, c’est à Vienne qu’elle publie en 1922 son récit pionnier, Mon âme en exil [Hokis aksoryal]. Installée en France, elle adhère au communisme, collabore au journal Erevan et participe à la vie littéraire. Après la publication de Prométhée libéré [Prométéos azadakrvats, Marseille, 1928], elle émigre en Arménie soviétique (1933). À Erevan en 1935 elle rédige et publie un récit autobiographique : Les Jardins de Silihdar (traduction française de Pierre Ter Sarkissian, Paris, Albin Michel, 1994). Victime des purges staliniennes, elle est arrêtée en 1937 et disparaît en 1943.



Mon âme en exil de Zabel Essayan - Traduit de l’arménien par Anahide Drézian et Alice Der Vartanian - Postface de Krikor Beledian
16,5  × 23 cm, 80 p., 2012 / ISBN 978-2-86364-266-5 / 14 €
Éditions Parenthèses / collection diasporales

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